Air France et les personnes handicapées

Je ne peux résister à l’envie de communiquer aux lecteurs de la Lettre d’HACAVIE, les résultats d’un récent voyage en avion par AIR FRANCE qui ne fait d’ailleurs que confirmer les nombreux voyages en avion que je réalise quelle que soit la Compagnie.

Je viens de faire un aller-retour ORLY/AJACCIO – AJACCIO/ORLY, dans un cadre professionnel avec mon épouse, qui a du faire face aux défections d’AIR FRANCE.

Je suis, en effet, titulaire d’une carte d’handicapé « station debout pénible » ; je marche avec une canne ; je subi un traitement lourd et, qui plus est, je suis abonné d’AIR FRANCE, donc censé, en théorie, avoir le privilège des abonnés pour les différents accès.

A l’arrivée à ORLY, deux heures avant comme conseillé, et après avoir eu AIR FRANCE préalablement, je demande donc l’espace « bagages minutes » puisque j’avais déjà mes cartes d’embarquement. Impossible Ces guichets n’existent plus par économie.

Il ne sert donc à rien de se dépatouiller pour avoir ses billets électroniques par avance par Internet puisque on ne gagne pas de temps.

Je vais donc à l’enregistrement classique. Par chance, pas trop de monde et je demande comment il m’est possible d’éviter les « queues » notamment au service de police. Comme chacun le sait, c’est particulièrement long et pénible.

NIB* ! (*NIB : rien)

Aucune aide possible, on fait la «queue», comme tout le monde, on me pique ma canne, je dois enlever ma ceinture et c’est tout juste si on me laisse mes chaussures orthopédiques. Par contre, je trimbale une pochette visible avec seringues et produits coûteux, conservés avec des produits glaçants. Je passe au nez et à la barbe de tout le monde et on ne me dit rien.

J’aurais pu transporter bombes, drogues et ainsi de suite.

Dans l’avion, je donne ma pochette aux hôtesses pour qu’elle soit mise au réfrigérateur. A l’arrivée, on me la rend trempée avec des papiers importants sur la justification de mes problèmes, trempés eux aussi. On avait tout mis

Mais au retour, encore pire à AJACCIO. Personne à qui demander de l’aide, je vais donc au comptoir d’AIR FRANCE, ma carte d’invalidité à la la main et on me répond très souriant : «l’enregistrement ouvrira dans une heure ou une heure et demi avant le départ. Asseyez-vous et vous irez ensuite faire la queue» comme tout le monde.

Par chance, mon épouse réussira à passer dans les premiers. Bien entendu, aucune aide par les services de police, on se déshabille.

Dans l’avion, contrairement aux règles d’un abonné, pas de place au 1er rang.

Vous voyez comme il est difficile de sortir de l’avion quant tout le monde se jette dans l’allée à l’atterrissage

Nous partons chargés, après être passés par d’interminables couloirs et en descendant, bien sûr, un étage après avoir cherché l’ascenseur.

COMBLE du voyage, notre valise remonte bien entendu en dernier et nous attendons 35 mn à côté de l’arrivée des bagages avant de repartir manu militari vers les litanies de couloirs pour enfin trouver au 3ème niveau ma voiture sur une place handicapée, cette fois parfaite.

Très sincèrement, je n’adresse aucune félicitation aux services d’AIR FRANCE à qui bien entendu, j’envoie cet article.

Yvon BERTEL-VENEZIA

Président d’HACAVIE

Nota : Si des mesures existent bien pour les personnes se déplaçant à l’aide d’un fauteuil roulant, les mesures facilitant les formalités pour les autres personnes à mobilité réduite ont été supprimées